Journées Internationales d'Histoire
-A +A
11.10.2019 - 12.10.2019
à l’abbaye d’Arthous (Hastingues, Landes)

Le village à l'épreuve du genre dans l'occident médiéval et moderne

manifestation co-organisée par ict

Emmanuelle Charpentier (Université de Toulouse - Jean-Jaurès, FRAMESPA)

Didier Lett (Université de Paris -ICT)

présentation

Depuis plusieurs décennies, l’histoire des femmes et du genre a permis, dans les pays anglo-saxons puis dans l’ensemble des pays européens, un renouvellement en profondeur de très nombreux domaines de recherche. Elle a tout d’abord rendu visibles les femmes en les faisant devenir des actrices à part entière de l’histoire. Elle a ensuite permis d’observer les relations entretenues avec les hommes et de dévoiler comment les sociétés assignent des statuts, des rôles et des identités à chacun des sexes. Ces recherches ont souligné l’extrême hétérogénéité du groupe des femmes et du groupe des hommes.

Or, d’une part, la majeure partie de cette fructueuse production sur l’histoire des femmes et du genre a affecté majoritairement l’histoire contemporaine et la sociologie, offrant aux spécialistes des sociétés plus anciennes des concepts parfois anachroniques ou difficiles d’utilisation (privé/public ; égalité/parité ; homosexualité/hétérosexualité, etc.) et d’autre part, force est de constater que les médiévistes et les modernistes qui ont bien voulu s’emparer de cet outil heuristique, ont surtout centré leurs études sur les femmes et le genre en milieu urbain. Le monde rural a ainsi été délaissé à l’exception toutefois, pour la période moderne, des travaux féconds de la démographie historique et de l’histoire des mentalités.

Il est donc temps désormais de poser les questions d’histoire des femmes et du genre aux campagnes de l’époque médiévale et moderne, de mettre le village d’Ancien régime à l’épreuve du genre et de réintérroger les sources : en milieu rural, existe-t-il des spécificités dans le fait d’être un homme ou une femme et dans les diverses formes de masculinités et de féminités ? Être fille ou garçon, homme ou femme, est-il un critère de distinction prédominant, plus important ou moins déterminant que l’appartenance à un groupe d’âge, à une communauté villageoise, à un groupe social ou à un groupe de parenté ? Quelle place les rapports entre les sexes occupent-ils dans l’ensemble des rapports sociaux ?  Existe-t-il des normes sociales que les « gens des campagnes » doivent intérioriser en tant qu’hommes et en tant que femmes et comment, en retour, s'approprient-ils/elles (ou pas) les valeurs du féminin et du masculin pour affirmer leur identité, leurs statuts et leurs rôles ? Comment les unes et les autres font-ils/elles valoir leur agency dans les normes sociales qui leur sont imposées ? Existe-t-il des spécificités géographiques et lesquelles dans ces domaines ? Comment évolue la distinction de sexe dans les campagnes européennes entre le Ve siècle et le début du XIXe siècle ?

PDF iconFlaran Affiche et sommaire.pdf (481.9 Ko)

Flaran_41-png.png